Parfois le temps qui passe nous dépasse,
Et nous noue à celui qui passe,
Et nous dénoue sans crier gare.
Parfois on ne sait pas trop pourquoi c'est lui,
On ne sait pas vraiment pourquoi on se sent aussi bien,
Et pourquoi ce sourire béat point sur notre visage,
Pourquoi la beauté nous envahit
En même temps que le bonheur,
Pourquoi on est porté au ciel, transcendé,
Immaculé de rêves et de joie.
Des fois on se laisse emporter
Par cette vague si douce,
Cette vague de cet océan si immense,
On regarde l'horizon,
On le distingue au loin
Comme une brume impalpable,
Mais on ne s'en soucie pas,
On imagine qu'on a le temps,
Tout le temps du monde,
Et quand on est dans cette écume blanche,
Mousseuse, et tiède,
On a tout le temps du monde.
On est heureux,
Et on est capable de la plus belle poésie de la vie,
Du plus beau voyage par un seul regard,
Et c'est beau, et tout est beau,
Et tout nous enivre,
On ne doute plus de rien parce que c'est comme ça,
L'amour triomphe, et jamais ça ne pourrait cesser,
Plus rien ne semble impossible,
Sauf que cela puisse cesser.
Parfois on s'envole dans une bulle
Qui amortit les violences des journées banales,
Tout est déformé, tout est plus doux,
"Le beau semble bien plus beau",
Et on sent soudain à notre horizon poindre du sens,
Ce sens
Qui redonne envie de vivre pour les cent années à venir,
Et même plus encore,
Du sens qui décuple les forces
Et qui nourrit notre puits intérieur,
Celui de notre coeur.
Je t'aime ma cerise.